Karita Mattila est plus qu’une simple artiste, un véritable geyser théâtral et musical. Ses incarnations incandescentes de Jenufa et Katia Kabanova de Janácek, et peut-être plus encore de Salome de Richard Strauss sont parmi les plus marquantes de la dernière décennie. Son engagement absolu pourrait déborder l’exercice plus intime du récital avec piano ; il est au contraire vecteur d’une émotion intense. Ce qu’il faut en somme aux Lieder de Johannes Brahms, qui dépassent le cadre de la miniature poétique, mais aussi au lyrisme nu des Sept Lieder de jeunesse d’Alban Berg, et à celui, hypnotique de Strauss. Mais cette voix liquide, au timbre d’opale, mieux, d’aurore boréale, devrait aussi éclairer les poèmes de Baudelaire mis en musique par Debussy d’une lumière nouvelle.
Coproduction Céleste Productions - Les Grandes Voix, Salle Pleyel.